Faut-il une école bilingue pour que mon enfant soit bilingue ? Ce que l’école apporte et ce que la maison fait mieux

Ce que recouvre vraiment « école bilingue », les questions à poser avant d’inscrire votre enfant et la part que la maison joue chaque jour.

Par Max · · 7 min de lecture

La question arrive souvent au moment des inscriptions. Une amie a trouvé une maternelle bilingue, la liste d’attente est déjà longue, et vous voilà à vous demander s’il faut inscrire votre enfant, payer, peut-être même déménager. Derrière tout cela se cache une seule inquiétude : sans école bilingue, mon enfant sera-t-il un jour vraiment bilingue ?

Une école bilingue accélère, la maison installe. Voici ce que recouvre le mot « bilingue » d’une école à l’autre, ce qui change selon que vous vivez en France, en Belgique, en Suisse ou au Québec, les questions à poser avant d’inscrire votre enfant, et ce que la maison fait mieux que n’importe quelle école.

Dans ce guide
  1. Faut-il une école bilingue pour devenir bilingue ?
  2. Ce que cache le mot « bilingue »
  3. Selon le pays, la question change
  4. Les questions à poser avant d’inscrire votre enfant
  5. « Il va perdre son français ? »
  6. Ce que la maison fait mieux que l’école
  7. Les questions des parents

Faut-il une école bilingue pour devenir bilingue ?

Un enfant devient bilingue quand il entend souvent les deux langues et qu’il en a besoin, dans des moments qui comptent pour lui. Une école bilingue offre beaucoup d’heures d’anglais, mais elle n’est pas le seul chemin. Des enfants passés par une école classique parlent anglais avec aisance parce que l’anglais avait sa place à la maison, et des enfants sortis d’une école bilingue le perdent faute de l’utiliser ailleurs.

L’école bilingue n’est donc pas une condition. C’est un accélérateur, qui vaut la peine quand il est vraiment bilingue en classe et pas seulement sur la plaquette.

Ce que cache le mot « bilingue »

Sur une plaquette, « bilingue » peut désigner des écoles très différentes :

  • La parité horaire. Une partie de la journée se passe en anglais, l’autre en français, souvent avec un enseignant par langue. C’est la promesse de « la moitié du temps en anglais », à vérifier sur l’emploi du temps.
  • L’immersion. Des matières entières se font en anglais : la découverte du monde, les arts, le sport. L’anglais sert à apprendre autre chose, et c’est ce qui le rend indispensable.
  • L’anglais renforcé. Le programme habituel, avec quelques heures d’anglais en plus. C’est utile, mais l’anglais reste une matière parmi d’autres.

En France, une grande partie des maternelles bilingues sont privées, et certaines sont hors contrat : elles suivent leur propre programme, avec des tarifs très variables. Dans le public, des sections internationales existent dans certaines villes, avec une admission sur évaluation en langue. Aucune de ces formules n’est un défaut en soi, mais mieux vaut savoir ce que l’on choisit.

Selon le pays, la question change

  • En France, l’offre bilingue se concentre dans les grandes villes et dans le privé, et certaines familles inscrivent leur enfant très tôt.
  • En Belgique francophone, beaucoup d’écoles proposent l’immersion dès la fin de la maternelle, le plus souvent en néerlandais. L’anglais n’est proposé que dans une partie d’entre elles, et de nombreux parents le font donc vivre à la maison.
  • En Suisse romande, les écoles bilingues sont surtout privées, et à l’école publique l’anglais arrive après l’allemand. Beaucoup de parents se demandent alors comment entretenir l’anglais à côté.
  • Au Québec, la plupart des familles francophones scolarisent leurs enfants en français, et l’anglais intensif de la fin du primaire n’est pas offert partout. Dans bien des foyers, l’anglais des premières années se joue donc à la maison.

Les questions à poser avant d’inscrire votre enfant

  • Quelles matières se font en anglais, en dehors du cours d’anglais ?
  • Qui parle anglais à votre enfant : un enseignant présent toute la journée, ou un intervenant quelques heures par semaine ?
  • Quelle langue entend-on à la cantine, dans la cour et pendant les rituels du matin ?
  • Comment l’école accueille-t-elle un enfant qui arrive sans un mot d’anglais ?
  • Que devient l’anglais après la maternelle : la filière continue-t-elle à l’élémentaire, et à quelles conditions ?

Demandez aussi à voir l’emploi du temps d’une semaine. Il dit plus clairement qu’une plaquette combien d’anglais votre enfant entendra vraiment.

« Il va perdre son français ? »

Beaucoup de parents francophones partagent cette crainte, surtout en Belgique et au Québec. Le français ne s’use pas parce qu’une autre langue arrive. Un enfant qui parle français avec ses parents, ses grands-parents et ses copains garde une langue forte, et cette base l’aide même en anglais : il connaît déjà les idées, il lui manque seulement les mots pour les dire.

Ce qui protège le français, c’est la vie de famille : les histoires du soir, les disputes pour rire, les chansons de la voiture. Tant que la maison reste un lieu où l’on parle français avec plaisir, l’anglais s’ajoute sans rien retirer.

Ce que la maison fait mieux que l’école

La maison a un atout qu’aucune école ne possède : l’anglais peut s’y accrocher à la vie de votre enfant. « Socks! » quand on cherche les chaussettes, « apple » au goûter, « bubbles » dans le bain. Ces mots restent parce qu’ils arrivent avec des moments que votre enfant attend chaque jour.

Il suffit d’un rendez-vous court et régulier, toujours au même moment de la journée, avec peu de mots nouveaux et beaucoup de répétitions par le jeu. Pour démarrer, notre guide de l’éveil à l’anglais à la maison explique comment s’y prendre, même si vous ne parlez pas anglais.

Si vous préférez un rendez-vous prêt à l’emploi, Tatako est une application d’éveil à l’anglais pour les enfants qui grandissent avec deux langues, pensée pour que parent et enfant fassent la leçon ensemble, côte à côte. Votre enfant apprend l’anglais. Les indications, les menus et chaque étape de l’accompagnement sont dans la langue de votre famille. Une leçon dure environ cinq minutes et n’a rien à lire : chaque mot passe trois fois avec une pause pour le répéter, votre enfant touche la bonne image parmi deux, puis le dit le premier quand l’image revient seule. Après la leçon, vous marquez chaque mot comme Nouveau, À revoir, Compris ou Il le dit. Tatako fonctionne sur le web, sur iPhone et iPad, et sur les téléphones et tablettes Android.

À essayer aujourd’hui

  • Choisissez trois mots du goûter, comme apple, milk et cookie, et dites-les en anglais chaque après-midi de la semaine.
  • Sur le trajet de l’école, faites une chasse aux couleurs en anglais : red car, blue door, green tree.
  • Si une école bilingue vous tente, notez la date de sa prochaine journée portes ouvertes et allez-y avec votre enfant.

Les questions des parents

L’école bilingue, ça vaut le coup ?

Elle vaut le coup quand elle s’intègre à votre vie : un trajet raisonnable, des journées qui ne fatiguent pas votre enfant et un budget qui laisse de la place au reste. Une école lointaine qui impose une heure de route chaque matin prend plus de temps en famille qu’elle n’apporte d’anglais.

Et si on n’a pas les moyens d’une école bilingue ?

L’anglais n’est pas réservé aux écoles payantes. En France, l’école publique enseigne une langue vivante dès le CP, le plus souvent l’anglais, et l’éveil aux langues commence en maternelle. Avec un rendez-vous régulier à la maison, votre enfant arrive en classe avec des mots à lui.

Va-t-il confondre les deux langues ?

Les mélanges du début, comme « je veux le blue », montrent qu’il puise dans tout son vocabulaire pour se faire comprendre. Avec le temps, il apprend quelle langue va avec quelle personne, exactement comme il apprend à vouvoyer la maîtresse et à tutoyer sa sœur.

Que faire à la maison si l’école ne fait presque pas d’anglais ?

Donnez à l’anglais un rôle dans un jeu que votre enfant aime déjà : la marchande, la dînette, les petites voitures. Un jeu qui revient chaque semaine avec ses mots anglais vaut mieux qu’une séance studieuse.

Peut-on rattraper sans école bilingue ?

Les enfants qui découvrent l’anglais en cours de route avancent vite quand leur langue maternelle est solide et qu’ils entendent l’anglais régulièrement. Il n’y a pas de date limite : chaque mot entendu avec plaisir compte.

Faut-il parler anglais à la maison s’il est déjà en école bilingue ?

Parlez la langue dans laquelle vous êtes le plus à l’aise : c’est elle qui porte la tendresse, les histoires et les règles de la maison. Pour l’anglais, intéressez-vous à ce qu’il fait en classe et demandez-lui de vous apprendre ses mots.

Une école bilingue peut beaucoup, mais elle ne remplace pas ce qui se passe à la maison. Choisissez l’école qui convient à votre famille, posez vos questions sans gêne et offrez à l’anglais un petit rendez-vous qui n’appartient qu’à vous. Quand vous voulez quelques minutes d’anglais à deux, commencez une leçon avec Tatako.

Cinq minutes d’anglais aujourd’hui ?

Installez-vous avec votre enfant : Tatako dit chaque mot, l’attend et fait la fête quand il le dit. Connectez-vous avec Google et commencez.

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