Un enfant bilingue parle plus tard ? Ce qu’il faut savoir et ce que vous pouvez faire

Les phrases qu’on entend en famille, comment compter les mots dans les deux langues, que faire à la maison et quand en parler au pédiatre.

Par Max, cofondateur de Tatako · · 7 min de lecture

« Un enfant bilingue parle plus tard » : la phrase tombe au repas de famille, chez la nounou ou à la sortie de la crèche, et elle vous reste en tête toute la soirée. Retenez ceci : deux enfants d’une même famille ne parlent pas au même moment, qu’ils entendent une langue ou deux. Et toute inquiétude sur le langage du vôtre se pose au pédiatre.

Parler, c’est ainsi que votre enfant va vers les autres, et cette phrase touche donc là où ça compte. Avec deux langues, il faut simplement apprendre à compter autrement. Reprenons donc, une par une, les phrases que vous entendez : pour chacune, voici quoi répondre et quoi faire à la maison.

Dans ce guide
  1. « Un enfant bilingue parle plus tard » : d’où vient cette idée
  2. « Vous allez l’embrouiller »
  3. « Il mélange tout »
  4. « Il comprend mais ne répond jamais en anglais »
  5. « Attendez qu’il maîtrise d’abord le français »
  6. Enfant bilingue, comment faire au quotidien
  7. Que dire à la crèche, à la nounou et à mamie
  8. Les questions des parents

« Un enfant bilingue parle plus tard » : d’où vient cette idée

Elle vient d’un calcul fait à moitié. Votre enfant dit « pain », « chien » et car (voiture) : celui qui ne compte que le français entend deux mots là où il y en a trois. Les mots se répartissent aussi entre les langues. « Doudou » vit à la maison, teacher (maîtresse) vit dans les leçons, et personne ne les additionne.

Pour voir l’image entière, tenez un carnet pendant une semaine. Une page pour le français, une pour l’anglais, une troisième pour ce qu’il comprend sans le dire. Comptez tout : moo (meuh) devant une vache, un « ca » pour car, un « encore milk » (encore du lait). Pour choisir de nouveaux mots, piochez dans nos listes pour l’anglais en maternelle.

« Vous allez l’embrouiller »

Cette phrase-là part d’une bonne intention. Un enfant n’a pas besoin de ranger ses langues dans des tiroirs pour s’en servir : il repère vite qui parle quoi. Papa dit good night (bonne nuit), mamie dit « bonne nuit », et chacun garde sa place.

Ce qui le rassure, c’est la constance : les mêmes mots, au même moment, dits sans pression. Votre réponse tient en une ligne : « Le français reste la langue de la maison, l’anglais prend cinq minutes. »

« Il mélange tout »

« Encore milk », « regarde le dog » (le chien), « moi aussi jump » (sauter) : ces phrases font lever les sourcils autour de la table. Pour votre enfant, c’est l’outil le plus proche : il attrape le premier mot qui fait l’affaire, et le message passe. Écoutez autour de vous : les adultes partent en week-end, lancent un brainstorming et réservent un parking sans y penser.

La bonne réponse consiste à reprendre l’idée, pas l’enfant. « Regarde le dog ! » « Oui, le chien ! The dog ! Il court. » Il entend les deux versions, et la conversation continue.

« Il comprend mais ne répond jamais en anglais »

Vous demandez « Juice or water ? » (du jus ou de l’eau ?) et il répond « de l’eau » en tendant son gobelet. Tout y est : il a compris l’anglais, il a décidé, il a répondu. Le français est juste son raccourci avec vous. Trois petits gestes ouvrent la porte à l’anglais :

  • Le choix. Avec deux propositions, le mot arrive tout prêt.
  • La reprise. « Le camion ! » « Yes, the truck ! » (oui, le camion !), sans rien exiger.
  • La phrase suspendue. « One, two… » (un, deux…) avant de lancer la balle, puis attendez le « three ! » (trois !) avec un grand sourire.

Et le goûter ne dépend jamais d’un mot : on ne négocie pas la compote en anglais.

« Attendez qu’il maîtrise d’abord le français »

Cette phrase mérite une vraie réponse, et elle dépend de votre enfant. S’il y a une inquiétude sur son langage, la décision se prend avec le pédiatre, pas au repas de famille. S’il n’y en a pas, le français reste la langue de la maison : les histoires, les chansons, les disputes et les câlins continuent en français, et cinq minutes d’anglais trouvent leur place à côté.

Une règle générale ne dira jamais rien du vôtre. Si quelque chose vous tracasse dans son langage ou son audition, quelle que soit la langue, prenez rendez-vous sans attendre la prochaine visite. Apportez le carnet de la semaine : le pédiatre y verra d’un coup d’œil ce que votre enfant dit et comprend.

Enfant bilingue, comment faire au quotidien

Élever un enfant bilingue se joue sur des années. Ce qui se décide aujourd’hui, c’est juste l’organisation de la maison. Trois formules tiennent bien dans la vraie vie :

  • Un parent, une langue. Si l’un de vous a grandi avec l’anglais, il ne parle qu’anglais à l’enfant, et l’autre garde le français. C’est la formule des familles mixtes, et l’enfant s’y retrouve sans qu’on lui explique.
  • Une langue à la maison, l’autre dehors. L’anglais entre vos murs, le français à la crèche, à l’école et au square.
  • Deux parents francophones, un rendez-vous fixe. Cinq minutes par jour, toujours au même moment, avec les rituels de notre article sur l’éveil à l’anglais de bébé.

Dans les trois cas, aucune langue n’est une punition, et personne ne fait passer d’examen au dîner.

C’est là que Tatako trouve sa place : une application d’éveil à l’anglais pour les tout-petits qui grandissent avec deux langues. Demander, se faire comprendre, jouer avec les autres : tout commence par les premiers mots, et c’est sur eux que travaille notre propre méthode, fondée sur des recherches en psychologie cognitive et en psychologie de l’enfant. Cinq minutes d’anglais oral par jour, des premiers mots et des phrases, rien à lire. Après la leçon, vous marquez chaque mot comme Nouveau, À revoir, Compris ou Il le dit. Votre carnet de la semaine se remplit ainsi presque tout seul, et vous pouvez voir comment se passe une leçon sur notre page.

Que dire à la crèche, à la nounou et à mamie

À la crèche et à la nounou, une phrase suffit : « On lui dit quelques mots d’anglais à la maison. S’il lâche more (encore) ou all done (c’est fini), il demande la même chose qu’en français. » Ils n’ont rien d’autre à faire que lui répondre.

À la maîtresse, même message, et elle saura pourquoi votre enfant lui lance un bye-bye (au revoir) à la porte de la classe. Quand mamie vous répète qu’un enfant bilingue parle plus tard, montrez le carnet : « Regardez, il dit pain, car, chien et dog. » Puis apprenez-lui more, elle adorera le dire au goûter.

À essayer aujourd’hui

  • Ouvrez un carnet de trois pages et notez les mots du jour, dans les deux langues.
  • Répondez au prochain mélange par la phrase entière, sans corriger.
  • Proposez un choix en anglais : « Juice or water ? ».
  • Glissez un mot à la nounou ou à la crèche sur ce que veut dire more.

Les questions des parents

Les enfants bilingues parlent plus tard, vraiment ?

Ce qui compte, c’est votre enfant, pas une règle générale. Additionnez ce qu’il dit en français et en anglais, ajoutez ce qu’il comprend, et vous aurez une vraie image de son langage. Pour toute question sur cette image, voyez le pédiatre.

Faut-il arrêter l’anglais tant qu’il ne parle pas bien français ?

Posez la question au pédiatre si son langage vous inquiète : il connaît votre enfant et saura vous dire quoi faire. En dehors de cette inquiétude, un rendez-vous de cinq minutes laisse toute leur place aux histoires du soir et aux conversations à table.

Mon enfant mélange les deux langues. Que faire ?

Reprenez l’idée entière en lui donnant le mot qui manque, avec le sourire, et continuez à jouer. Le mélange est une façon de se faire comprendre avec ce qu’il a sous la main.

Peut-on élever un enfant bilingue sans parler anglais ?

Votre anglais de collège suffit pour les premiers mots, et d’autres voix prennent le relais : comptines, leçons parlées, puis activités en anglais quand votre enfant grandit. Votre rôle, c’est de garder le rendez-vous vivant.

Un bébé bilingue, ça commence quand ?

Dès que vous lui parlez : quelques mots au bain, une comptine sur vos genoux. Le vrai départ, c’est un rendez-vous qui revient chaque jour, et le reste se construit avec les années.

La prochaine fois qu’on vous dira qu’un enfant bilingue parle plus tard, sortez le carnet et souriez. Un enfant qui grandit avec deux langues n’a pas de chrono dans le dos. Regardez le vôtre, additionnez ses mots et fêtez ce qu’il sait déjà. Et si vous voulez ajouter cinq minutes d’anglais parlé à la journée, commencez une leçon avec Tatako.

Écrit par Max

Max est cofondateur de Tatako et écrit ce blog pour les parents : listes de mots, petits jeux pour le petit-déjeuner et le bain, et des réponses claires aux questions des familles qui élèvent leur enfant avec deux langues.

Cinq minutes d’anglais aujourd’hui ?

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